Le Tabasco de Beyonce, une image, une histoire

51_CC BY 2.0 HotGossipItalia on Flickr

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C’est agaçant. Si, si, vraiment, c’est agaçant. Que les choses soient bien claires, Beyoncé n’a aucun problème avec son statut : elle ne se prend ni pour une déesse, ni pour une super woman, mais plutôt pour une bosseuse avec un peu de chance. Une fille normale, quoi. Avec ses imperfections et ses mauvais jours, ses boutons et ses ridules, le transit complexe et la transpiration odorante. Choquant, n’est-ce-pas. Alors certes, le jet privé et les vacances à Hawaii, ça vous adoucit l’humeur menstruelle, elle ne vous dira pas le contraire, mais sur le fond Beyoncé est une femme comme les autres. Elle a parfois envie d’assommer son cher et tendre, de vendre sa fille, de perdre 20 kilos et de se faire greffer un nouveau visage. Parfois même de devenir vendeuse chez H&M, pour être tranquille.

Là non plus, elle ne vous mentira pas. Ça ne dure jamais très longtemps, pour H&M, vu qu’on s’habitue vite au jet privé. Or de ce qu’elle en sait, les deux sont difficilement compatibles. Mais vraiment, à part ça, Beyoncé est une fille comme les autres et comme les autres, elle vit en paix avec ses boutons. A peu près. Sauf ? Sauf quand dégoulinent sur internet plus de 200 photos d’un shooting L’Oréal non retouché sur lesquelles Queen B se transforme en drag queen, la pustule plâtrée de fond de teint et le teint bardé de pustules. Là, ça l’agace, parce que ladite pustule était passager clandestin, et non résidente à demeure, ce qu’elle se trouve bien en peine d’expliquer clairement.

Quand on est Beyoncé, on a des nounous, vous comprenez. On ne peut pas passer ses journées le nez dans les couches. Alors de temps en temps, il faut bien remettre les stilettos dans la glaise, revenir aux racines, virer les nounous et se traîner sur la moquette pour jouer à la dînette, histoire de rester une maman comme les autres. Blue Ivy a beau avoir une dînette Dior, ça reste une dînette. Et Beyoncé a beau se traîner sur la moquette dans une robe à 3000€, ça reste une robe. Pour être honnête, ceci dit, se traîner sur la moquette serait plutôt la spécialité de l’heureux papa. Rappeur badass ou pas, Jay Z se prête à tous les jeux sans broncher, du maquillage de princesse à la traversée du salon sur les genoux. Trop, parfois. Beyoncé l’avait averti. Tu vas trop loin poussin, dans les familles normales, on ne laisse pas les enfants taguer le couloir. Ni la nounou. Bah qu’il objectait, il faut bien qu’elle exprime sa créativité la choupette, on ne va pas commencer à lui brider l’instinct dès maintenant, quand même, le monde se chargera de la rappeler à l’ordre quand on lui coupera les vivres à 18 ans et qu’elle devra rendre sa Rolls. Soyez honnête. Que voulez-vous répondre à un tel argument ?

Ce jour-là, Beyoncé a donc déboulé dans la chambre de Blue Ivy pour découvrir son mari, l’illustre rappeur à chaîne en or et baskets griffées, étendu sur la moquette, le visage couvert d’une mixture blanche et des tranches de concombre sur les yeux. On fait des spas, a zozoté Blue. Yaourt vanille, a renchéri Jay en se pourléchant les babines, tu devrais essayer. Allez maman allez s’teplait maman allez viens dis hein s’teplait allez, fut plus ou moins l’irrésistible litanie égrenée par Blue, tandis que sa mère s’émerveillait secrètement. Le yaourt ! Comment pouvait-elle savoir que le yaourt était bon pour la peau, à son âge ? Sa fille était un génie. Future biologiste, peut-être, ou ingénieure, voire médecin.

Allez maman allez allez ! Sachez, tout de même, que Beyoncé est une maman ferme. En temps normal, elle aurait sévi pour la moquette repeinte de yaourt vanille, mais que voulez-vous. Sa fille est un génie. Et son mari un suppôt de Satan. Allez bébé, viens jouer avec nous, juste cinq minutes. Beoncé a donc décidé qu’elle sévirait la prochaine fois et qu’en attendant, puisqu’elle avait un shooting le lendemain, un masque au yaourt ne pourrait que lui nourrir agréablement le pore. Elle a donc pris place sur la moquette aux côtés de sa douce moitié, fermé les yeux sous le concombre et attendu le yaourt, un sourire de bonheur sur les lèvres. Ah, la famille. Quoi de plus merveilleux ?

Un mari responsable, peut-être. Un qui ne laisse pas sa fille de 3 ans préparer sans surveillance des mixtures non identifiées pour jouer au spa. Un qui vérifie qu’elle utilise du yaourt, et uniquement du yaourt, dans ses jolis petits bols de prétendue crème. Un qui la voit ajouter du sel dans l’un des jolis bols, du ketchup dans un autre, du sucre dans un troisième et du Tabasco dans le dernier. Oui, vous y êtes. Beyoncé a eu droit au Tabasco. Sur tout le visage, oui. Comment l’a-t-elle réalisé ? Disons que quand la sensation onctueuse du yaourt a laissé place à celle d’une attaque de fourmis rouges, elle a commencé à se poser des questions. Quand les fourmis rouges ont semblé s’immoler sur ses pores, là, Beyoncé a viré les concombres pour plonger dans le bidet.

Vingt minutes plus tard, une fois l’incendie éteint, sont apparues les premières pustules. Vous comprendrez sans mal, quand son doux mari a osé suggérer qu’il valait mieux en rire et que ça ne se voyait presque pas de loin, Beyoncé ait envisagé de lui faire bouffer sa chaîne en or maillon par maillon, tout Jay Z qu’il était. Mais Beyoncé est une femme de standing. A la place, elle a vidé le bol de yaourt au Tabasco dans son pantalon, ce qui lui apprendrait au passage à traîner en jogging à ceinture élastique. Et quand les fourmis rouges ont attaqué sa bijouterie royale, il a compris, le rappeur, qu’il n’aurait pas dû rire.

Voilà, vous savez tout. Vous savez comment Queen B s’est retrouvée sur un glorieux shooting le teint criblé de bubons cramoisis, obligeant l’équipe à plâtrer la chose dans l’espoir de transformer du gruyère suisse en camembert onctueux. Vous savez comment la chirurgie digitale a permis d’effacer les ravages du Tabasco sur le visage d’une mère dévouée, et vous savez également comment Jay Z a failli devenir stérile. Ce que vous ne savez pas, en revanche, c’est que dans le genre peeling, le Tabasco vaut mille lasers. Deux semaines plus tard, Beyoncé rayonnait de mille feux, le teint frais et la pustule débarquée. Mais ça, personne ne l’a vu. Elle vous demande donc comme un service personnel, Beyoncé, de ne plus l’appeler miss Pustule. C’est agaçant.

 

Audrey C. Audrey C. (50 Posts)

Bloggeuse motivée, auteur en devenir, styliste chamarrée, infographiste monochrome, lectrice acharnée et indécrottable optimiste. Rire, faire rire, s’évader et s’oublier. Ecrire, toujours, dessiner, souvent, faire bouger mes doigts et grincer mon cerveau, communiquer et me planquer derrière un écran, tout ça sur www.mamzette.com, la plupart du temps.


Une réflexion au sujet de « Le Tabasco de Beyonce, une image, une histoire »

  1. Mais on s’en fiche sérieusement… Faire un article aussi « long » sur un évènement aussi insignifiant, belle perf’, sinon l’écriture ressemble à celle d’une ado de 15 ans. A revoir !

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